23 novembre 2017

[Mgr Fellay - FSSPX - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs] 1517 – 1917 : la révolte de Luther et la révolution bolchevique à la lumière de Fatima

SOURCE - Mgr Fellay - FSSPX - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n°88 - 21 novembre 2017

Dans cette Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 88, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, montre le lien profond qui unit la révolte de Luther et la révolution d’Octobre 1917, le laxisme libéral et le dirigisme socialo-communiste.
Chers Amis et Bienfaiteurs,

En ce mois d’octobre 2017, sont réunis trois anniversaires qui ont déterminé le cours de l’histoire des hommes et de l’Eglise : la révolte de Luther, la révolution bolchévique et le miracle de Fatima.

Il y a cinq cents ans, le 31 octobre 1517, Martin Luther commençait sa révolte contre l’Eglise catholique. Il y a cent ans, le 7 novembre, la révolution éclatait en Russie. Selon le calendrier julien, elle a reçu le nom de « révolution d’Octobre ».

Il y a cent ans, quelques jours plus tôt, le 13 octobre, le Cœur Immaculé scellait d’un miracle spectaculaire son message annonçant les grands événements futurs de l’Eglise et du monde, dont certains appartiennent maintenant au passé, comme la Deuxième Guerre mondiale, et d’autres ne sont pas encore arrivés, comme le triomphe du Cœur Immaculé et la conversion de la Russie.

La réforme lancée par Luther apparaît au premier abord comme un événement religieux. Et certes l’hérésiarque allemand a bouleversé dans ses fondements l’Eglise catholique, s’attaquant à la papauté, la grâce, la Sainte Messe, le sacerdoce, la Sainte Eucharistie… La foi et les moyens donnés par Dieu aux hommes pour leur procurer le salut éternel, ont été rejetés ou profondément falsifiés.

Mais vu les liens indéniables entre l’ordre surnaturel de l’Eglise et de la grâce, d’une part, et l’ordre temporel des gouvernements humains et de la société civile, d’autre part, bien vite la révolte contre l’Eglise s’est étendue à la société humaine, divisant l’Europe jusqu’à ce jour, ouvrant des siècles de persécution contre l’Eglise dans les pays réformés, et marquant toute l’Europe de terribles guerres, dont la plus douloureuse fut la guerre de Trente Ans. Vraiment notre incompréhension est totale lorsque nous voyons aujourd’hui des prélats catholiques célébrer, et même fêter cet événement si triste et si épouvantable pour la chrétienté.

La révolte de Luther repose sur un principe qui est comme la base de la pensée moderne, et qui gouverne toute la société contemporaine, qu’elle se prétende libérale ou socialo-communiste. Ce principe vise à affranchir les hommes de la dépendance envers Dieu et l’ordre établi par lui, tant au niveau naturel qu’au niveau surnaturel.

Pourtant, au plus profond de la nature de l’homme se trouve la réalité ontologique d’une dépendance totale à l’égard de son Créateur, totale car il n’existe aucun domaine où l’être humain pourrait s’y soustraire. La notion même de création indique cela clairement. Et du côté de la créature, cette dépendance objective engendre immédiatement le devoir d’une soumission tout aussi absolue envers son Créateur, qui est Dieu. Cette soumission s’étend à bien plus que ce qui apparaît aux hommes comme son expression la plus commune : l’obéissance aux commandements de Dieu, l’obéissance morale. Elle s’étend aussi à l’ordre de l’intelligence, à notre connaissance. C’est la soumission de notre raison à la réalité qui s’impose à nous, de telle manière que la définition exacte de la vérité est « l’adhésion de l’intelligence à la réalité », à la réalité objective. Le domaine de la foi suit le même chemin, la raison de cette soumission étant cependant là différente. Alors que notre raison naturelle se soumet à la lumière de l’évidence, la foi surnaturelle se soumet à l’autorité de Dieu, Vérité qui se révèle sans se tromper, ni nous tromper, comme nous le disons dans l’acte de foi.

Luther, par le principe du libre examen, a fait voler en éclats cette soumission. Et depuis, le grand mot qui résonne dans l’univers est ce cri : « liberté » ; en fait, révolte contre Dieu et l’ordre des choses voulu par Dieu. Cette liberté moderne flatte l’âme déchue depuis le péché originel, elle est la tentation de l’époque présente, elle est illusoire. C’est un rêve chimérique, celui qui inspirait le péché de l’archange Lucifer, et de tout péché à sa suite. Ce soi-disant affranchissement se termine très mal, et pour finir il n’a pas grand-chose à voir avec la vraie liberté. Car si l’homme a été créé libre, ce n’est pas pour se rebeller contre Dieu, sa fin ultime, son souverain bien, mais pour choisir de lui-même les moyens qui le conduisent à Dieu, et pour rendre ainsi méritoire l’obtention de la béatitude éternelle que Dieu tout-puissant veut partager avec ses créatures.

Qu’ils sont peu nombreux les hommes d’aujourd’hui, immergés qu’ils sont dans cette atmosphère libérale, à comprendre ces vérités pourtant fondamentales !

Les excès immanquables du libéralisme poussé jusqu’au bout de sa logique, que ce soit l’anarchie ou la tyrannie de la puissance matérielle, tout comme ceux du socialo-communisme, dont les horribles débordements ont tragiquement marqué le XXe siècle par au moins deux cent cinquante millions de morts, ne semblent pas faire réfléchir nos contemporains.

La révolution russe part de cette révolte contre le joug du pouvoir temporel, mais son origine n’est pas russe. On la trouve dans l’Europe de l’Ouest. Karl Marx est allemand ; la Russie sera le terrain d’application des principes élaborés par l’Allemand Marx, avec le soutien financier de milieux d’affaires occidentaux, selon certains historiens. Cependant, très vite, la révolution s’attaquera à la religion. Et le communisme verra toujours dans l’Eglise catholique plus qu’en tout autre, un ennemi juré à détruire, si c’était possible. C’est du communisme qu’est venue la plus grande des persécutions contre l’Eglise, et qui dure encore aujourd’hui, ainsi en Chine, en Corée du Nord ou au Vietnam.

Tout cela a été annoncé à Fatima, où Notre Dame demande des actes très simples aux autorités religieuses et à tout chrétien, pour conjurer ces malheurs qui menacent de s’abattre sur la terre : la dévotion à son Cœur Immaculé, les cinq premiers samedis du mois en réparation des outrages faits à la Mère de Dieu, la consécration de la Russie.

On est frappé par l’apparente disproportion des moyens proposés par le Ciel pour remédier aux maux de l’humanité, face au destin dramatique des nations à ce moment de l’histoire de l’humanité. Mais Dieu, tout-puissant, infiniment au-dessus de l’agitation humaine, n’a aucunement besoin des moyens humains. Une seule parole lui suffit pour créer l’univers, pour le régénérer, pour le sauver. Mais cela ne se fera qu’à travers des hommes qui auront enfin reconnu sa souveraineté. « La guerre va finir, mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le règne de Pie XI en commencera une pire encore. » « Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. » La paix du monde - et de l’Eglise - est liée à la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. D’après un témoignage indubitable qui m’a été personnellement rapporté, sœur Lucie, peu de temps avant sa mort, a dit à un prêtre que « la consécration de la Russie SE FERA, mais ce sera très difficile ».

Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie viendra, nous n’en avons aucun doute, mais pour l’instant la lutte fait rage, et cette fois-ci jusqu’à l’intérieur de l’Eglise. Les piliers de notre foi qui semblaient inébranlables tremblent sur leur base ; des évêques, des cardinaux dépassent leur nouveau maître, Luther, dont ils célèbrent l’anniversaire de la révolte, cette année. Et bien peu nombreux sont ceux qui défendent la vérité révélée. La Voix dont tout dépend dans l’Eglise sur terre, se tait résolument. Elle laisse les ténèbres de la confusion doctrinale et morale envahir la Cité de Dieu.

Déjà Paul VI, le 29 juin 1972, avait remarqué que « par quelque fissure la fumée de Satan [était] entrée dans le temple de Dieu ». Aujourd’hui ce n’est plus une fumerolle, c’est l’épaisse fumée d’une éruption volcanique. Déjà saint Pie X affirmait : « Qui pèse ces choses a droit de craindre qu'une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et comme leur prise de contact avec la terre, et que véritablement "le fils de perdition" dont parle l'Apôtre n'ait déjà fait son avènement parmi nous » (Encyclique E Supremi Apostolatus du 4 octobre 1903). Que dire, cent ans plus tard, à la vue de l’Eglise qui se désagrège petit à petit ? Notre sang se glace lorsque nous entendons cette même Voix dire, au sujet de la justification, que Luther ne s’était pas trompé sur ce point, lors de la conférence de presse dans l’avion au retour d’Arménie, le 26 juin 2016 : « Je crois que les intentions de Martin Luther n’étaient pas erronées : c’était un réformateur. (...) Et aujourd’hui, luthériens et catholiques, avec tous les protestants, nous sommes d’accord sur la doctrine de la justification : sur ce point si important, lui (Luther) ne s’était pas trompé. »

Aussi, nous n’avons pas d’autre ligne pour la Fraternité Saint-Pie X, pour vous chers fidèles, que celle de continuer ce qu’a toujours fait la Sainte Eglise, quoi qu’il arrive. La voie de vérité qui a fait les saints en tout temps, restera toujours le chemin sûr du Ciel, celui des Evangiles, à l’imitation de Notre Seigneur et Notre Dame. Nous prenons les moyens indiqués par le Ciel, avec la certitude que nous ne pouvons pas mieux faire. Notre croisade du rosaire s’est officiellement terminée le 22 août dernier, cependant nous vous supplions et demandons instamment de conserver les bonnes habitudes acquises : la prière du rosaire, ces petits sacrifices si agréables à Dieu et qui ont la puissance de sauver des âmes pour l’éternité, pourvu que l’on y mette un grain d’amour du Bon Dieu !

A la fin de cette année où nous célébrons le centenaire des apparitions de Fatima, retenons bien les enseignements et les demandes de Marie, toujours Vierge et Mère de Dieu. Selon ses propres paroles, son Cœur sera notre refuge et le chemin qui conduit à Dieu. Nous vivons de cette espérance, sans nous décourager devant les événements terribles qui nous entourent, bien conscients que nous pouvons et devons tous faire beaucoup de bien à nos contemporains en conservant fidèlement les trésors de la Tradition.

Soyez vivement remerciés pour votre générosité inlassable. Que Dieu vous le rende en grâces et vous bénisse, dans l’attente du triomphe du Cœur Immaculé de Marie.

Menzingen, le 21 novembre 2017, en la fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie

+ Bernard Fellay,
Supérieur général

22 novembre 2017

[Odon de Cacqueray - L'Homme Nouveau] Mon Dieu donnez nous des prêtres!

SOURCE - Odon de Cacqueray - L'Homme Nouveau - 21 novembre 2017

Lors de l’Assemblée plénière de la Conférence des Évêques de France, à Lourdes, qui s’est achevée le 8 novembre, la réforme des séminaires était à l’ordre du jour. Les prélats ont décidé l’obligation de l’année propédeutique, ce qui était déjà effectué par 57 % des jeunes désirant entrer dans les ordres. Ils ont également opté pour la fermeture des séminaires accueillant moins de 17 à 20 personnes. Seuls 15 séminaires dépassent ce nombre. 

Nous avons interrogé trois prêtres, afin de savoir ce qui, dans leurs situations respectives, leur semble important à privilégier lorsque l’on veut former de nouveaux prêtres. 

Pour l’abbé Christian Venard, aumônier militaire, le premier aspect qui lui semble être négligé est la formation humaine : « Trop souvent, la formation des clercs donne l’impression que sous le fallacieux prétexte d’acquérir des vertus spirituelles, le futur prêtre serait dispensé des vertus humaines : courage, virilité, franchise, etc. C’est aujourd’hui, plus qu’hier encore, une question de crédibilité : le prêtre doit apparaître comme un homme véridique ; des choses les plus simples (savoir cuisinier, tenir une maison) au plus complexes (gestion humaine ou financière de la paroisse par exemple) ». Ce que l’abbé de Bellescize, vicaire de Saint-Germain-des-Prés, appuie en parlant de l’équilibre humain : « la croissance dans les vertus humaines. D’où la nécessité de bâtir des personnalités d’homme stables et accomplies (alliance du travail, de la prière, du sport, de la vie communautaire, des loisirs, apprentissage de l’obéissance, de la courtoisie, de l’écoute, etc) ». 

La culture générale est également à approfondir. Selon l’abbé Barthe, prêtre traditionaliste, il faut «une formation intellectuelle thomiste importante. Celle-ci passe même avant la formation spirituelle». Il faut «une tête bien faite à l’aide des grands traités de morale et de théologie». «L’Église a toujours été, dans les moments difficiles de l’humanité, un défenseur de la culture. Il importe donc que les séminaristes reçoivent une vraie formation “esthétique” : historique, littéraire, artistique, musicale, poétique…» ajoute l’abbé Venard. Là encore l’abbé de Bellescize se pose en écho quand il nous parle de «l’exigence d’une vie intellectuelle forte, de l’étude de l’écriture en lien avec la théologie pour que le séminariste apprenne à lire la parole de Dieu et la connaisse comme son milieu familier».

En tant que prêtre de paroisse, l’abbé de Bellescize précise qu’à ses yeux «le séminariste devra être sensibilisé à une approche pastorale qui lui permettra de s’insérer dans une paroisse avec une intelligence de l’histoire et des personnes, sans renier sa sensibilité. Il doit connaître et respecter les différentes sensibilités ecclésiales.»

Comme un écho à la Force du Silence du Cardinal Sarah, le père Venard termine en abordant l’intériorité que le prêtre doit se forger «faite de la confrontation au silence (extérieur et intérieur), de la lente rumination de ses études, de ses lectures et de sa propre vie, et d’une ouverture sans cesse renouvelée à la transcendance, dans une vie profonde d’intimité avec le Christ.»

Pour un aspect plus pratique, l’abbé Barthe précise n’être pas favorable au maintien des séminaires. Il privilégierait des solutions alternatives comme la création de communautés paroissiales où la formation des prêtres s’effectuerait au contact de quelques prêtres, comme cela se faisait avant le concile de Trente. Sans aller jusqu’ici, l’abbé de Bellescize témoigne qu’à Paris, la vie en maisonnée et le travail en sous-groupes donnent des résultats satisfaisants.

[Abbé Benoît Espinasse, fsspx - Le Carillon du Nord] Logique à suivre

SOURCE - Abbé Benoît Espinasse, fsspx - Le Carillon du Nord - novembre 2017
Bien chers fidèles, en sortie de communauté à Cassel, nous avons pu prendre connaissance dans l’église paroissiale d’un panneau proposant plusieurs prières pour la paix : celle des religions traditionnelles africaines, celle des juifs, celle des bouddhistes, celle des musulmans avec des sourates du Coran, enfin une prière indiquant seulement le nom de son auteur, inconnu de nous, et qui ne parle pas de Dieu. Isolée au milieu du panneau, cette seule citation de saint Paul (Ep 2, 14): «Le Christ est notre paix». Suffit-elle à gommer l’idée de l’ensemble qui propose à égalité, comme au choix, les prières de toutes les religions ? Il est permis d’en douter. 
     
Cette affiche est sans doute critiquable, mais ne reproduit-elle pas un exemple venu de plus haut ? La vidéo des intentions du pape de janvier 2016 ne se terminait-elle pas, après avoir affirmé que «beaucoup cherchent ou rencontrent Dieu de diverses manières», par une image montrant quatre mains tenant un enfant Jésus, et non une croix, un Bouddha, une menorah juive et un Tasbih, sorte de "chapelet" musulman ? Faut -il alors, devant un tel exemple, s’étonner de l’indifférentisme de nos contemporains ne croyant plus que Jésus-Christ seul soit « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6)? 
     
Bénissons Mgr Lefebvre d’avoir légué à la Fraternité Saint-Pie X une position de principe contre le dialogue interreligieux tel qu’il est pratiqué dans l’Église conciliaire depuis Vatican II, et ainsi de nous permettre de ne pas avoir à blâmer des effets dont on chérirait les causes. 
     
Abbé Benoît Espinasse

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Question De Discernement – I

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 18 novembre 2017

Obtiendra-t-on le bien à force d’inventions ?
Regardons plus les fruits et non les intentions !

Un jeune homme réfléchi pose deux questions intéressantes ; l’une porte sur la crise de l’Église, la deuxième sur la crise de la Fraternité saint Pie X. Voici la première question :

D’une part la crise conciliaire fait suite à une série de crises qui ont affecté l’Église au cours de l’histoire, telles que le protestantisme, le libéralisme et les révolutions, plus deux guerres mondiales ; ces erreurs avaient été clairement condamnées par l’Église avant Vatican II, mais elles ont été renouvelées au Concile. Après le Concile, ces nouveautés ont même été applaudies par les ennemis traditionnels de l’Église, tels les francs-maçons et les socialistes, alors que, manifestement, l’esprit missionnaire disparaissait dans l’Église. D’autre part, les idées du Concile sont l’œuvre d’hommes d’Église supérieurement intelligents et apparemment catholiques. Et on ne peut pas toujours dire « le Pape n’est pas Pape », ou que la plupart des consécrations épiscopales des modernistes sont invalides. Pour toutes ces raisons, n’est-il pas vrai que la crise conciliaire comporte des zones d’ombre qui empêchent d’y voir clair ? Et si nous ne pouvons pas arriver à des jugements certains, comment pouvons-nous être sûrs d’être restés dans la vraie Foi ?

La meilleure réponse vient de Notre Seigneur Lui-même qui, lors du Sermon sur la Montagne disait, (Mt. VII, 15–20) : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » Évidemment, Notre Seigneur savait que son Église ferait l’objet d’attaques constantes, et que le diable n’aurait de cesse de semer la confusion dans l’esprit de ses disciples. Par nature le trouble consécutif à Vatican II ne diffère pas des autres crises survenues précédemment dans l’histoire de l’Église ; mais le trouble semé par la trahison des clercs à Vatican II atteint un tel degré qu’on n’en a jamais connu de semblable jusqu’ici : jamais avant les pasteurs catholiques n’ont-ils été aussi nombreux à être désorientés ni, à plus forte raison, les brebis catholiques.

Il n’empêche qu’il reste toujours possible de s’en sortir et d’y voir clair en appliquant ce même principe infaillible : les actions parlent plus fort que les mots ; les fruits des actions posées par un homme constituent le guide le plus sûr qui soit pour le connaître et savoir ce qu’il veut vraiment. Le modernisme en particulier rend facile de s’illusionner soi-même sur ce qu’on veut ou ce qu’on a l’intention de faire, parce que personne n’est aussi profondément coupé de la réalité qu’un moderniste. «  La fin du monde sera caractérisée par des hommes qui feront le mal en pensant qu’ils font le bien  », a déclaré le père Faber au milieu du 19ème siècle. Au 21ème siècle, nous sommes maintenant aux prises avec les conséquences toujours plus graves de ce processus séculaire où l’humanité se trompe elle-même en se détournant de Dieu. Mais est-il possible que Dieu laisse son troupeau sans défense contre ces loups modernistes dissimulés comme jamais sous des peaux de brebis ? Non, certes ! Car n’importe qui avec un minimum de bonne volonté guidé par la droite raison est encore capable de juger par les fruits.

Et maintenant, Joseph, résumons : Vous notez que les autorités ecclésiastiques d’aujourd’hui sont des hommes supérieurement intelligents et théoriquement catholiques, et vous supposez raisonnablement que ce sont les autorités légitimes de l’Église. Car, même si vous savez que leurs fruits sont si peu catholiques que bien des fidèles s’interrogent sur leur légitimité comme pasteurs, néanmoins il n’y a personne d’autre qui puisse, de manière autorisée, parler ou agir au nom de l’Église universelle. Et pourtant, vous constatez que leurs idées reprennent de graves erreurs anticatholiques du passé et que ces autorités sont maintenant applaudies par les ennemis traditionnels de l’Église, tels que les francs-maçons. Arguments d’un côté ; arguments de l’autre. Doutes et jeux d’ombres. Comment allez-vous sortir de cette confusion ?

La réponse se trouve dans l’une de vos propres constatations : depuis Vatican II l’esprit missionnaire disparaît de l’Église. Tels sont les fruits. Le Concile a prêché l’œcuménisme ( Unitatis Redintegratio ) et la liberté religieuse (Dignitatis Humanae ), entraînant l’acceptation des fausses religions telles que l’hindouisme, l’islam et le judaïsme ( Nostra Aetate ). Dès lors, comment l’esprit missionnaire catholique aurait-il pu ne pas s’effondrer suite au Concile ? D’innombrables monastères, séminaires, couvents, diocèses et paroisses n’ont-ils pas été vidés et fermés depuis Vatican II ? S’en est-il créé de nouveaux ? Oui, sous la houlette d’un évêque catholique qui, seul dans le monde entier, dès le début, a rejeté ouvertement le Concile et toutes ses œuvres. Avec Mgr Lefebvre sont venus à terme les mêmes fruits des mêmes principes catholiques, fidèlement appliqués en dépit de Vatican II. Joseph, vous n’avez pas à chercher plus loin.

Kyrie eleison.

[FSSPX Actualités] «Viva Cristo Rey!» : pèlerinage du Christ Roi à Mexico

SOURCE - FSSPX Actualités - 22 novembre 2017

Le 29 octobre 2017, 1400 fidèles ont pris part au pèlerinage du Christ Roi à Mexico, organisé par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Le pèlerinage a débuté dans l'église de Santo Domingo, dans le centre historique de la ville : 1400 fidèles venus de différents Etats du Mexique et une délégation des Etats-Unis se sont mis en marche le matin afin de proclamer par les chants et la prière la royauté du Christ sur toutes les nations.

Le point d'orgue du pèlerinage fut l'arrivée dans le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe.

En 1531, il y a 486 ans, Notre-Dame de Guadalupe est venue en ce pays pour y demeurer et protéger ses enfants. La conversion de neuf millions d’indigènes en moins de dix ans fut plus nombreuse que la perte de la foi provoquée en Europe par la révolte protestante.

À l'arrivée des pèlerins dans la basilique, l’abbé Jorge Amozurrutia, supérieur du district du Mexique, a procédé à la consécration du district au Cœur Immaculé de Marie.

Après l'acte de consécration et l'allocution du supérieur de district, les pèlerins ont continué en direction du couvent des Minimes Franciscaines pour y assister à la messe, source inépuisable de la grâce, où ils ont pu écouter l'homélie de l’abbé Rodrigo Fernández.